Orchestre Mariinskyi

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Author : (Mathias Adamkiewicz)

Richard Strauss : Une vie de héros, Op. 40
Rodion Chedrine : Concerto pour piano no 2
Igor Stravinsky : L’oiseau de feu, Suite (1919)
Rodion Chedrine : Humoresque pour piano (rappel)
Giuseppe Verdi : Ouverture de La Forza del Destino, version 1862 de la création pétersbourgeoise (rappel)

Denis Matzuev : piano
Orchestre Mariinskyi / Valery Gergiev

Maison Symphonique de Montréal
Montréal, 11 novembre 2017

 Valery Gergiev et son orchestre nous ont honorés de leur visite à la Maison Symphonique le 11 novembre pour un concert mémorable réunissant un programme de trois pièces jouées sous un même dénominateur commun de l’éclectisme et la variété. Le poème symphonique de Strauss « Une vie de héros », aux tempi distendus, parce que le maestro de Pétersbourg nous livre une lecture attentive de la partition, après une ouverture tonitruante et un tantinet accélérée. L’effet est saisissant. On tend l’oreille comme pour écouter la lecture d’un journal intime. Égale justesse de jeu des soli (violon et cor), du tutti des cordes (soutenus par une sonorité ample des basses), des vents enchevêtrés dans un contrepoint savant (le leimotive des « critiques musicaux »), de la fanfare des cuivres et la clôture « Zarathustra » à faire frémir.

Pour le deuxième concerto de piano de Chedrine, compositeur né sous l’étoile soviétique, Denis Matsuev s’est livré à une course à couper le souffle de notes égrenées sous ses doigts ou martelées sur trois octaves dans une homophonie rythmique répondant aux accents de l’orchestre à la manière d’un concerto grosso moderne. Où se mêlent idiomes : jazz, passacaille (des troisième et dernier mouvements).

Pour clore cette fête musicale, la suite « Oiseau de feu » de Stravinsky (version 1919) déclinant les thèmes principaux du ballet en vingt minutes de musique. Depuis la ténébreuse entrée des basses jusqu’à la brillante finale, l’orchestre décline toute une palette de tonalités russes : chromatisme exotique dans les vents, berceuse folklorique au basson au registre medium (façon Sacre) au rythme volontairement éthéré, « Danse Infernale », jouée stretto. Les plans se succèdent dans un dialogue ininterrompu entre les sections de l’orchestre exhibant les prouesses instrumentales de chaque musicien. Chaque phrase est dessinée en relief. Secrets révélés des Strauss, Chedrine et Stravinsky. Ou Gergiev.

www.showoneproductions.com

 

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