La rentrée en danse

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Les salles ont dévoilé leur programmation pour la plupart fin août et se distinguent parmi les habitués et grands noms de retour plusieurs nouveaux venus et des initiatives à découvrir. La rentrée se fera naturellement en compagnie des Danses buissonnières de Tangente où beaucoup ont fait leurs premières classes. Au WILDER, un programme de cinq essais esquissera le portrait de la création locale du 28 septembre au 1er octobre. www.tangentedanse.ca

On pourra également admirer à grande échelle la vidéoprojection architecturale Anaphore qui couvrira la façade de verre du bâtiment en plein cœur du Quartier des spectacles, une collaboration du chorégraphe Jacques Poulin-Denis avec le créatif Mathieu Tremblay de chez Ottoblix et le compositeur et directeur d’Ekumen Olivier Girouard (LOOP, Luminothérapie 2016-2017). www.quartierdesspectacles.com

Sur le mode événementiel, Danse-Cité soulignera ses 35 ans par un lancement de saison officiel le 8 septembre et une collecte de fonds au profit des artistes. Bien que la compagnie soit cette année accueillie à La Chapelle Scènes Contemporaines pour ses différentes présentations, cette soirée particulière intitulée Souk-cité 2 se déroulera au MAI (Montréal, arts interculturels) avec vingt créateurs réunis sous la direction artistique de Catherine Tardif et Joannie Douville. www.danse-cite.org

En septembre, les amoureux de la danse n’en auront que pour l’immanquable visite du célèbre Tanztheater Wuppertal de Pina Bausch qui jouera, au Centre national des Arts d’Ottawa pour trois soirs seulement du 28 au 30 septembre, deux pièces majeures de répertoire : Café Müller et Le Sacre du printemps. www.nac-cna.ca

… À LA FIN 2017

En fin d’année 2017, ce sera à peu de choses près le même dessin avec les rendez-vous enchaînés des Danses de la mi-chemin des étudiants de 2e année de l’EDCM sur des chorégraphies de Darryl Tracy et Edgar Zendejas du 6 au 9 décembre, suivis du Cru d’automne des 3e année sur des chorégraphies de Lucy May, Jacques Poulin-Denis, Helen Simard du 13 au 16 décembre, reçus à l’Espace WILDER. Toujours une belle façon de saisir les dynamiques collectives selon les signatures et de voir quelques individualités de demain sortir du lot des interprètes. www.edcm.ca

Nombre de spectateurs se tourneront avec curiosité vers la grande forme des Ballets Jazz de Montréal développée dans le cadre des festivités du 375e en partenariat avec Danse Danse : Dance Me, projet d’envergure sur l’artiste et poète montréalais disparu Leonard Cohen. Du 5 au 8 décembre au Théâtre Maisonneuve, ce spectacle hommage réunira les trois chorégraphes Annabelle Lopez Ochoa, Andonis Foniadakis et Ihsan Rustem ainsi que le scénographe Cédric Delorme-Bouchard et les danseurs de la compagnie sous la direction artistique de Louis Robitaille. www.bjmdanse.ca (Voir La Scena n° avril-mai 2017)

La Vie Attend, Photo: Claudia Chan Tak

La Vie Attend, Photo: Claudia Chan Tak

CHACUN TROUVE SA PLACE

Durant l’automne, chaque lieu déploiera sa famille d’artistes et de propositions. Pour La Chapelle qui opte en 2017-18 pour une explosion de couleurs et de noms en l’honneur de tous les concepteurs qui nourrissent la scène québécoise, il y aura d’une part les productions de Danse-Cité, dont la création La vie attend de David Albert-Toth et Emily Gualtieri à l’origine de la compagnie Parts+Labour_Danse. Ils avaient présenté La Chute et In Mixed Company à Tangente en 2013, et l’on peut s’attendre à ce que l’absurdité et l’originalité soient à nouveau au menu dans ce quintette d’interprètes masculins aux profils contrastés composé de Marc Boivin, Simon-Xavier Lefebvre, Nicolas Patry, Joe Danny Aurélien et Milan Panet-Gigon. Pour deux semaines, du 27 septembre au 7 octobre. En parallèle, l’aguerri Peter James présentera lui-même son intrigant « happening postpostpost » Le chant du singe, avec la participation d’invités spéciaux (Émile Pineault, Lara Oundjian et Thomas Saulgrain) et le déjanté Francis Rossignol au son. Du 10 au 13 octobre. www.lachapelle.org

Au sein de son offre interculturelle et pluridisciplinaire, le MAI met à l’honneur les « Corps poétiques et politiques », parmi lesquels celui du chorégraphe marocain Taoufiq Izeddiou qui avait fait un premier passage à Montréal lors du FTA 2012 avec Aaléef, un solo performatif sur l’après-printemps arabe et les luttes identitaires. Il revient avec En alerte les 27 et 28 octobre, une performance puisant son souffle du poème d’un auteur palestinien écrit durant le siège de Beyrouth en 1982. Davantage révoltées, les fumées fluo extravagantes des Vancouvérois Hong Kong Exile retiennent l’attention en ce début de saison, convoquant pop brumeuse et effets numériques en contestation de la diaspora chinoise. Les 6 et 7 octobre, Room 2048 se projette à l’année où Hong Kong sera avalée par la Chine continentale. www.m-a-i.qc.ca

L’Usine C a précisément lancé sa 22e programmation sous le signe de la résistance, rappelant l’engagement constant des artistes d’ici et d’ailleurs, toutes disciplines confondues, pour la préservation de l’espoir, mémoire vive des sociétés et moteur de leur avenir. Un double programme de danse mettra en regard deux visages de la sensualité, les 31 octobre et 1er novembre. La Cie Mossoux-Bonté de Belgique offrira tout d’abord une courte forme hypnotique dans laquelle deux danseuses font front d’un balancement fraternel contre la violence du monde, sur une complainte du Québécois Michel Faubert. En seconde partie, Daina Ashbee, dont l’œuvre connaît un essor remarquable et remarqué, dévoilera Serpentine, un solo en boucle de la danseuse Areli Moran, empli des injustices envers les communautés autochtones et soumis à l’altération de la répétition. www.usine-c.com

Ailleurs, des propositions tout aussi intéressantes s’ouvriront au public. Danse Danse orchestrera un cycle Marie Chouinard avec trois œuvres à l’affiche du 26 au 30 septembre au Théâtre Maisonneuve : Le Cri du monde, Soft virtuosity, puis son attendu Jérôme Bosch : Le Jardin des délices en hommage au peintre tourmenté. www.dansedanse.ca

Pour sa part, Tangente poursuivra avec des chorégraphes d’ici à garder en vue, comme l’artiste Sarah Dell’Ava qui présentait en 2012 Dans les plis et cofondatrice du trio Berceurs du temps en tournée jusqu’à l’hiver avec son projet d’installation itinérante, participative et sonore Bercer le temps. Elle sera de retour avec ORI ou les chambres du cœur du 12 au 15 octobre. L’organisme soutiendra également ses activités de croisement des cultures et pratiques avec un cycle de création nippone Dansu du 18 au 28 octobre, impliquant les artistes Mikiko Kawamura et Zan Yamashita. www.tangentedanse.ca

En parallèle, l’Agora de la danse prolongera sa complicité avec des artistes établis tels que José Navas et Paul-André Fortier, ainsi que des invités, par exemple le Out Innerspace Dance Theatre de Vancouver. Toute la programmation ici : www.agoradanse.com.

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