Danse : avril-mai 2016

0
Mille batailles Photo Andre Cornellier

Mille batailles Photo Andre Cornellier

En mai, danse comme il te plaît – tant le dernier mois de la saison régulière s’annonce occupé. S’inspirant peut-être d’une période de l’année historiquement marquée de soulèvements populaires, Tangente enchaîne deux programmes au souffle subtilement révolutionnaire. Du 5 au 8 mai au Studio Hydro-Québec du Monument-National, Adam Kinner et Noémie Solomon proposent Car c’est par la fragilité que la révolution œuvre, un essai sur les liens immédiats qui unissent performeur et public dans un contexte précis, en vue d’une emprise sur la réalité qui s’improvise. Cette enfilade de capsules à l’écoute de la nature semble capter la fragilité du moment, et sa beauté, avec autant de simplicité et de tâtonnement que le précédent The Weather in Times Square (Tangente, 2014), autre collaboration d’Adam Kinner avec Noémie Solomon à la dramaturgie, assistée de Jacob Wren.

La semaine suivante (du 12 au 15 mai), c’est au tour de Frédéric Tavernini de suggérer une révolution silencieuse de ce qui nous entoure et évolue et nous confronte d’un coup.Things are leaving quietly, in silence accuse l’installation du vide parmi d’autres fractures et traduit le gouffre de l’absence dans les élans d’anxiété d’un Sacre du printemps de Stravinski, revisité par les Dear Criminals et deux pianistes classiques. Dans cet univers hautement scénographique, cinématographique et musical, la charge émotionnelle pétrifie le déplacement de l’être, figé dans un temps à la fois introspectif et fuyant. Voir article ici.www.tangente.qc.ca

En parallèle chez Danse Danse, la chorégraphe Danièle Desnoyers officie la première d’Anatomie d’un souffle, conçu avec l’Orchestre Symphonique de Montréal autour d’œuvres des compositeurs Jehan Alain, Frescobaldi, Olivier Messiaen, Arvo Pärt et John Rea. Les interprètes du Carré des Lombes (dont Karina Champoux, Pierre-Marc Ouellette, Nicolas Patry et Anne Thériault) expérimentaient déjà de surprenantes rencontres entre la danse et la musique, en habitant par exemple la partition électroacoustique de Nicolas Bernier relue sur scène par la harpiste Éveline Grégoire-Rousseau à l’occasion de Paradoxe Mélodie, création de 2014 en tournée internationale actuellement. Les 6 et 7 mai à la Maison symphonique de Montréal, Danièle Desnoyers explore à travers eux des territoires nouveaux entre la sensualité musicale des corps et la présence ballettique des instruments. www.dansedanse.ca

La même semaine à l’Agora de la danse, pour trois séances en fin de journée du 6 au 8 mai, l’enseignante et danseuse Sophie Corriveau clôt deux ans de résidence à titre d’interprète par un authentique rendez-vous de table ronde dansée, transgénérationnel et innovant. Avec la collaboration de Katya Montaignac à l’idéation du projet, Nous (ne) sommes (pas) tous des danseurs ouvre le micro et la scène à une douzaine de figures de la danse contemporaine montréalaise. Cette réflexion collective sur le métier, la pratique et la vocation s’annonce une intelligente et passionnante prise de parole, accompagnée du geste, et nourrie des témoignages et du vécu des complices invités. Une démonstration inédite de danseurs qui s’écrivent et se décrivent dans leur langage le plus vrai. www.agoradanse.com

Aux festivals

Cet été, Montréal Complètement Cirque revient du 7 au 17 juillet avec, en ouverture de sa 7e édition, une troisième invitation de la jeune troupe de Québec Flip FabriQue à la TOHU après Attrape-moi (2013) et Crépuscule (2015), pour trois représentations de leur dernière création. L’ensemble de la programmation en salle et extérieure sera à découvrir à compter du 18 avril. www.montrealcompletementcirque.com

Partager:

A propos de l'auteur

Laissez une réponse