L’Opéra Bouffe du Québec

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Des choristes portés par les plaisirs envoûtants de l’opérette !

Ils et elles sont de différents âges et milieux socioprofessionnels. Ils partagent tous la même passion : l’opérette. Chacun a une histoire bien particulière qui l’a mené vers l’Opéra bouffe du Québec. La Scena Musicale est allée à la rencontre de tout ce beau monde qui vit la fébrilité des derniers préparatifs pour le spectacle annuel de novembre…

Mercredi, 19 h, au sous-sol de l’église Bon-Pasteur à Laval. La tension est palpable parmi la trentaine des choristes bénévoles qui s’apprêtent à faire l’une des dernières répétitions, sous l’encadrement du directeur artistique et musical Simon Fournier, du metteur en scène Yvon Bilodeau et de la chorégraphe Monik Vincent, avant la présentation de l’opérette Le Baron Tzigane de Johann Strauss fils, du 10 au 19 novembre, à la Maison des Arts de Laval.

Ce sera l’aboutissement de toute une année de préparation pour ces amateurs de l’art lyrique qui, chacun à sa manière, trouve dans la famille/école de vie de l’OBQ équilibre, réconfort, bien-être, fierté, libération…

« Je ne m’imagine pas ailleurs ! » – Suzanne, soprano

Elle en est à sa 14e année à l’OBQ. Tout a commencé pour elle le soir où elle s’est surprise à oublier complètement l’ambiance marquée par la maladie dans son milieu de travail – étant infirmière, et chez elle, ses parents étant vieillissants. Elle a été complètement subjuguée par le chant et le jeu de scène lors d’une répétition de l’OBQ à laquelle elle avait été invitée par sa  collègue et amie la costumière Diana-Carmen Ratycz. « Diana a fini par me convaincre qu’il est salutaire de me faire plaisir et d’avoir une activité, un moment à moi et pour moi, se rappelle-t-elle. Cela aide à décrocher et refaire le plein d’énergie pour affronter les devoirs de la vie quotidienne. » Depuis, Suzanne Morcel ne s’imagine pas évoluer ailleurs. Son savoir-faire de gestionnaire lui permet d’assurer avec brio la présidence et la gestion administrative et de la production de l’OBQ.

« Quelle bonne chimie ! » – Johanne, alto et Josselin, basse

Pour leur cinquième saison à l’OBQ, Johanne (retraitée) et Josselin (musicien de métier) retrouvent la même excitation que celle ressentie la première année. Pour ce couple, le premier spectacle de l’OBQ auquel ils ont assisté a eu raison de leurs préjugés par rapport à l’opérette. Ils relatent leur agréable surprise à la découverte de « cette féerie très accessible, très proche, tout un monde de ravissements, une véritable comédie musicale ». Pour Johanne et Josselin, l’amusement collectif que permet l’opérette fait toute la différence. « Quelle bonne chimie, qui permet de faire ressortir le meilleur de chaque membre ! » « Le fait de se fondre dans l’harmonie de l’ensemble fait tellement de bien, dit Josselin. C’est très différent de mon travail solitaire comme musicien et chanteur. »

« Voilà ce que je veux faire ! » – Marie-Ève, soprano, 16 ans

C’est ainsi que la plus jeune de la troupe s’est exclamée après la représentation de l’opérette Les Brigands d’Offenbach par l’OBQ en 2015. Cette jeune étudiante en secondaire cinq a rejoint l’OBQ à l’âge de 14 ans. Convaincue que l’opéra est toute sa vie, Marie-Ève prépare sa rentrée en chant classique au Conservatoire de Montréal. « Ces deux années à l’OBQ sont vraiment les plus belles années de ma vie. » Elle souligne avec beaucoup de gratitude le bon accueil, l’expérience, l’inclusion qui met en valeur son potentiel et surtout l’encouragement à la prise de responsabilité de la part de la direction, ce qui donne plein élan à l’épanouissement de ce jeune espoir de la relève qui est tombée sous le charme de l’opéra à l’âge de 12 ans, en voyant le film Le Fantôme de l’Opéra. « Le jour où j’ai eu le rôle de Denise dans la production de l’OBQ de l’opérette Véronique a été le meilleur moment de ma vie. »

« Nos enfants sont fiers de nous ! » – Isabelle, soprano et Sarah, alto

Véronique (2016) Photo: Marie-Andrée Lemire

« L’OBQ regroupe tout ce qu’on aime : chant, danse, costumes, théâtre, jeu de scène… et cela fait du bien ! » Pour les deux amies de longue date, Isabelle (ex-employée à la télévision, actuellement mère au foyer), et Sarah (étudiante en travail social) qui partagent depuis leur jeune âge l’amour de la musique et ont évolué ensemble au sein d’une petite chorale d’église, le travail de groupe, la chaleur des rapports humains et la qualité des spectacles ont été pour beaucoup dans leur décision de rejoindre l’OBQ. Elles relatent avec émotion le bonheur que leur nouvelle expérience apporte dans leurs rapports avec leurs enfants. « Quel bonheur de voir comment nos enfants suivent nos préparations et nous soutiennent, fiers de nous voir, nous aussi, nous épanouir dans une activité artistique. Ils adorent répéter avec nous et nous font souvent des remarques pour mieux dire les textes ! » « Maman fait de l’opéra », disent-ils fièrement à leurs camarades.

« Chanter, c’est la santé. » – Louis-Benoit, baryton

Pour Louis-Benoit, le caractère thérapeutique de l’art lyrique est une évidence. Il s’attarde sur le bien-être que procure l’opérette par l’alliance qu’elle permet entre théâtre et musique. « L’OBQ m’offre une agréable expérience de la scène », dit cet amoureux des planches qui, en plus de son penchant naturel pour le chant, adore jouer des personnages. Ce travailleur autonome (traducteur), qui a rejoint la troupe il y a six ans, aime beaucoup le côtoiement des professionnels – solistes, metteurs en scène, chorégraphes, musiciens – que permet l’expérience OBQ. « Évoluer au sein de cette merveilleuse école, c’est bel et bien tout un investissement », dit celui qui, à la fin de sa journée de travail à la maison, aime sortir de sa solitude et venir retrouver ses camarades et partager avec eux des moments d’art et de vie. « Quoi de mieux pour socialiser ! »

« L’OBQ est là pour rester ! »

Avec cette profonde conviction, Jacques Paquette, basse, l’aîné de cette « bonne gang », comme il la décrit, entame sa 22e année à l’OBQ. Pour ce retraité, ancien président, actuellement vice-président, « Chanter, c’est une libération. C’est quasiment un besoin vital. » Il adore l’ambiance familiale qui règne à l’OBQ, dont il est également le responsable des décors depuis 15 ans. Il témoigne de l’appréciation des dizaines et des dizaines de choristes qui sont passés par l’OBQ des principes et des valeurs humaines qui fondent l’organisme. « Notre rémunération, c’est la reconnaissance du public de la qualité de nos spectacles », dit Jacques, soulignant la dynamique créée avec l’arrivée de Simon Fournier et la qualité exceptionnelle de sa direction artistique.

Depuis janvier 2015, l’OBQ est reconnu comme organisme de bienfaisance et offre des bourses aux étudiants. Son succès est dû à  l’extraordinaire implication des bénévoles dévoués qui, en plus de chanter, administrent la compagnie, construisent les décors, confectionnent les costumes et courent les commandites. « Des gens de différents milieux et de diverses professions qui font la richesse de cette expérience artistique », comme le souligne la présidente Suzanne Morcel qui met l’accent sur l’apport de la multitude de solistes, fraîchement sortis de l’université ou qui continuent leurs études post-maîtrise en chant  classique. « Le bonheur des choristes est lié à leur fierté de faire partie de l’univers de ces solistes et de leurs parcours pour vivre avec eux l’apothéose d’une année d’implication, avec tous ses contrariétés, son stress, mais  surtout ses joies profondes », dit-elle en soulignant la belle relève qui assurera certainement l’avenir de l’art lyrique. « Même s’il est de plus en plus difficile de trouver des voix d’hommes pour les chœurs. » À bons entendeurs…

Le Baron Tzigane de Johann Strauss fils

Conformément à sa mission, depuis 1978, de garder vivants les grands classiques de l’opérette en les mettant au goût du jour, l’Opéra bouffe du Québec présente l’opérette Le Baron Tzigane de Johann Strauss fils, du 10 au 19 novembre 2017, à la Maison des Arts de Laval.

Cette nouvelle production, signée par Simon Fournier à la direction artistique et musicale, Yvon Bilodeau à la mise en scène, Monik Vincent à la chorégraphie et Suzanne Morcel à la direction de production, réunira neuf talentueux solistes québécois : Ruben Shaym Brutus, Audrey Larose-Zicat, Frédérique Drolet, Éric Thériault, Rachèle Tremblay, Arminè Kassabian, Guillaume Beaudoin, Dominic Lorange et Richard Fréchette, avec la  participation du chœur et de l’orchestre de l’OBQ, composée du pianiste Giancarlo Scalia et douze musiciens professionnels.

Le Baron Tzigane est l’une des opérettes les plus populaires de Johann Strauss fils. Cette œuvre romanesque, assez drôle et amusante, en trois actes, s’inspire d’histoires de conflits, d’amours et de jalousies mettant en vedette des personnages tziganes de la Hongrie. www.operabouffe.org

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